Le pastoralisme : c'est quoi exactement ?

Le pastoralisme, c’est quand l’agriculture exploite la montagne durant l’été en continuité de l’exploitation principale. Cette utilisation des estives en Soule n’est pas dictée par les conditions climatiques. Elle est rendue nécessaire par la petitesse des exploitations. Cette pratique permet de libérer la ferme 4 à 6 mois pour constituer des réserves fourragères pour l’hiver sur des terres où le bétail ne pâture plus.

Ainsi les exploitations qui ont peu de Surfaces Agricoles Utiles (SAU), peuvent libérer leurs terres, constituer des réserves fourragères pour l’hiver suivant et accueillir davantage d’animaux. Jusqu’au cas extrême des bergers sans terre qui peuvent exister grâce à ce mode de fonctionnement et dont le fromage d’estive constitue une part importante de leur bénéfice annuel.

La transhumance

La transhumance commence donc à partir du 10 mai. Elle ne se fait plus que rarement à pied, on utilise plus facilement le camion. La transhumance dure donc de début mai jusqu’à la fin septembre, en fonction du climat. Avec un chargement maximum à partir du 1er juillet.

En 1993, 80 % des éleveurs de Haute Soule et 60 % des éleveurs de Basse Soule transhumaient.

Ils transhumaient sur un domaine pastoral divers du point de vue de sa gestion et de son utilisation, que l’on divise en 2 parties :

  • les landes communales ou zones intermédiaires au dessus des villages (anciennement les bordes, utilisées comme étape pour la transhumance), elles sont de moins en moins utilisées et laissées à l’enfrichement.
  • les estives de montagnes (de 900 jusqu’à 2000 m) gérées principalement par la CSPS, les communes de Haux, Larrau et Ste Engrace.

Aujourd’hui, c’est 256 éleveurs qui transhument :

  • 2 300 vaches
  • 24 500 brebis
  • 190 juments. (chiffres actualisés en 2015)

L’ensemble de la Soule compte un peu moins de 1000 exploitations. C’est donc environ un tiers des éleveurs des communes de Soule qui transhument.

La CSPS gère un territoire divisé en 5 secteurs distincts :

  • AHUZKY
  • BOSTMENDIETTA
  • IRATY
  • MALTA
  • IGUELOUA

Le cayolar

Le cayolar est « l’unité de base » de la gestion pastorale, la cabane du berger. C’est en effet à partir de cette unité, qu’un grand nombre de décision se prennent (gestion des parcours, réalisation des équipements pour le cayolar, le gardiennage…).

La cabane (le cayolar) et le parcours constitue l’unité pastorale (parfois appelé le cayolar).

En Soule, le cayolar (cabane cette fois), le sol du cayolar, et le sol du corral (Koralia) appartiennent à des copropriétaires.

Il existe alors des principes découlant de cette copropriété. La fabrication du fromage et la surveillance du troupeau se font collectivement, ce qui permet de diviser le temps d’estive en tours de garde (hors période de traite, le tour de garde correspond au nombre de jours du mois divisé par le nombre d’éleveurs).

De plus le cayolar possède un « droit de délivrance gratuite du bois nécessaire pour la construction ou l’entretien de la cabane et du parc, le chauffage des bergers et la confection des fromages » (olha egitia).

Tous les ans, les conditions de l’exploitation collective sont déterminées au sein de l’assemblée Artzainbidea (la route du berger).

Les bergers se réuniront à nouveau pour le partage des fromages entre les co-propriétaires (olha-barreya).

A l’origine l’étendue du cayolar était celle d’un périmètre dont le jet d’une hache lancée par une main vigoureuse aurait marqué le rayon.

Les co-propriétaires sont possesseurs de parts de cayolars appelées « xotch ». Ce nombre défini de xotch (4 à 6 en général), était destiné à l’origine à fixer la quantité maximale d’ovins laitiers que pouvait contenir le parcours.

Le nombre de brebis taries acceptées en surnombre était déterminé lors de l’assemblée Artzainbidea.

Ainsi, chaque éleveur, de part le nombre de parts qu’il possédait, ne pouvait monter qu’un nombre limité d’ovins. Cette règle est encore plus ou moins respectée aujourd'hui dans certains cayolars. Il n’est pas rare de rencontrer un agriculteur possédant une partie de xotch. Cet acte de propriété, oral dans la majorité des cas, est directement associé à l’exploitation agricole.

Les parts de cayolar se transmettent donc de génération en génération en même temps que l’exploitation elle-même. Depuis quelques années, des xotchs ont été mis en vente.

L’aire de parcours elle, appartient à la collectivité.

Le droit de parcours signifie qu’à un cayolar est associé un parcours (une aire de pacage) que seuls les ovins des copropriétaires peuvent pacager. Il en va différemment des bovins et des équins dont le parcours est libre. Ils peuvent donc transhumer sur n’importe quelle estive du territoire syndical ou des territoires communaux. Cependant, les estives n’appartenant pas aux cayolaristes, ceux ci ne peuvent y faire transhumer du bétail qu’à la condition de payer la bacade au gestionnaire des estives.

Les parcours utilisés ont une superficie moyenne de 100 ha, mais cette surface varie :

  • plus de la moitié des parcours chevauchent ceux du cayolar voisin suivant des règles établies entre les cayolaristes (bergers)
  • un tiers des cayolars utilise des parcours abandonnés
  • deux tiers des parcours sont limités par des forêts auxquelles les brebis peuvent accéder (ne serait ce que pour avoir de l’ombre).

En Soule, le nombre de cayolars qui avoisinait les 50, a diminué en un demi-siècle de 40%.

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Réglement général sur les estives syndicales

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